Communiqué de presse

Que faisons-nous pour soutenir les soins ?

Table des matières

0. INTRODUCTION

  1. MESURES BUDGÉTAIRES

1.1 43 millions pour les infirmiers spécialisés

1.2 Financement des hôpitaux : soutien supplémentaire

1.3 Les équipements de protection du personnel de la santé

  1. NOUVELLES MESURES QUALITATIVES POUR AVOIR PLUS DE BRAS ET UNE AFFECTATION OPTIMALE DE NOTRE PERSONNEL SOIGNANT

2.1 Nouvelles mesures concernant le travail étudiant

2.2 Nouvelles mesures pour les volontaires dans le secteur des soins

2.3 Loi d'urgence : pour moins faire appel aux infirmiers dans les centres de test et de vaccination et davantage les mettre à profit ailleurs

  1. CHANGEMENTS DANS LA STRATÉGIE DE TEST POUR LAISSER RESPIRER NOS GENERALISTES
  2. IMPACT CONCRET DU FONDS BLOUSES BLANCHES
  3. UN EFFORT BUDGETAIRE GLOBAL HISTORIQUE POUR LES SOINS

 

0. INTRODUCTION

Notre santé est notre bien le plus précieux, nos soins de santé sont d’une valeur inestimable. La crise du Coronavirus nous l’a rappelé plus que jamais. Par conséquent, investir dans nos soins de santé, c’est investir en nous tous. Mais afin d'investir intelligemment et efficacement, nous avons inversé la philosophie et nous sommes partis des besoins de soins de notre société. Où les besoins sont-ils les plus importants ? Où investir en premier lieu ? Cette logique semble aller de soi, mais jusqu'il y a peu, ce n'était pas le cas. Cette nouvelle approche doit nous permettre de fournir des soins financièrement abordables et accessibles.

Pour pouvoir investir à nouveau dans nos soins, nous avons initié d’emblée un mouvement de rattrapage et, en premier lieu, relevé significativement – de 1,5 % à 2,5 % - la  norme de croissance, c’est-à-dire la mesure dans laquelle les dépenses de notre système de santé peuvent augmenter annuellement. Mais nous investissons encore au-delà de cette augmentation. En 2022, un total de 4,9 milliards supplémentaires seront investis dans les soins de santé par rapport à 2019. En 2024, ce chiffre aura atteint au moins 5,6 milliards supplémentaires par rapport à 2019.

Ce budget accru doit servir non seulement à couvrir la demande supplémentaire de soins, mais aussi à réduire la facture du patient.

Mais une demande accrue de soins nécessite également un investissement dans notre personnel soignant. L'un ne va pas sans l'autre. Aujourd'hui, la crise sanitaire met douloureusement en évidence la pénurie de personnel au chevet du patient ces dernières années. Cette situation fait peser une charge de travail énorme sur nos soignants. Ce n'est un secret pour personne : nombre d'entre eux ont dépassé leurs limites depuis bien longtemps. Ces difficultés non seulement rendent la profession moins attrayante pour ceux qui veulent travailler dans le secteur des soins de santé, mais elles poussent aussi les soignants à tourner le dos à la profession après de nombreuses années dans le secteur.

Avec toutes les conséquences qui en découlent : aujourd'hui, nos soignants sont au bout du rouleau. C'est précisément pour cette raison que nous devons tout faire ensemble pour que cette 4ème vague soit la plus courte possible, et que les investissements doivent aussi se traduire sur le terrain. Le Fonds Blouses blanches (402 millions d'euros) se traduit déjà concrètement par du personnel supplémentaire au chevet du patient. En outre, grâce à l'accord social (600 millions d'euros), nous investissons dans de meilleurs salaires pour une grande partie du personnel et dans de meilleures conditions de travail.

Mais il en faudra plus. Une série de mesures de soutien et d'investissements supplémentaires sont nécessaires pour soulager la pression sur nos soignants et leur apporter l’oxygène nécessaire de manière durable. Pour qu'à long terme aussi, le secteur des soins redevienne vraiment attrayant  - notamment grâce à de meilleurs salaires – et pour que travailler dans le secteur soit à nouveau un travail faisable. Dans cette note, nous donnons un aperçu général pour le démontrer clairement, très concrètement.

Il y a du pain sur la planche, indéniablement. Nous ne prétendons absolument pas que toutes les lacunes et toutes les aspirations sont désormais comblées ni que tous les soucis auront disparu dès demain. Mais notre ambition doit toujours être d'offrir des outils et des ressources qui permettent des soins sûrs et de qualité. Pour réaliser cette ambition, une société prospère comme la nôtre doit avant tout montrer à nouveau sa considération à l’égard de son système de santé. Aujourd’hui, nous faisons un nouveau pas dans cette direction.

 

  1. MESURES BUDGÉTAIRES

1.1 43 millions d’euros pour les infirmiers spécialisés

En concertation avec les partenaires sociaux, un nouveau modèle de fonctions pour le personnel de soins a été élaboré sous le gouvernement précédent, le modèle « IFIC ». L’objectif de cette classification de fonctions était de rémunérer le personnel soignant sur la base de ses tâches et non plus sur la base de son diplôme.

Depuis le début de la législature, nous avons consacré un demi-milliard d'euros à cette nouvelle classification de fonctions au travers des accords sociaux. Il s'agit d'une somme significative qui améliore la plupart des salaires, et certainement le salaire des débutants. C'était d'ailleurs l'un des objectifs de la réforme : augmenter l'attractivité de la profession par de meilleurs salaires.

Voici quelques exemples concrets de personnes dont la situation s’améliore clairement :

  • Un aide-soignant ou un collaborateur administratif à la consultation bénéficie d'une hausse de 8% en début de carrière.
  • Un infirmier A2 sans qualification professionnelle particulière avec 5 ans d'ancienneté progresse de 15%.
  • Un diététicien ayant 10 ans d'ancienneté bénéficie d’une hausse de 7%.
  • Un collaborateur logistique avec 15 ans d'ancienneté progresse de 4,6 %.

Remarque importante : Nous comparons ici le barème sectoriel existant avec le barème sectoriel IFIC. Il est possible que les personnes travaillant dans les hôpitaux soient payées plus que ce qui est prévu dans les barèmes sectoriels.

L’IFIC est donc une amélioration pour de nombreuses personnes dans le secteur des soins, mais après une analyse des salaires du secteur, il est apparu que pour les infirmiers spécialisés, il y avait une anormalité.

Le système IFIC ne valorise pas ou pas suffisamment leur spécialisation, alors que la question des spécialisations se pose notamment dans les services d'urgence et de soins intensifs et que ces services jouent justement un rôle clé dans la pandémie actuelle.

C'est pourquoi le ministre Frank Vandenbroucke a insisté pour obtenir une enveloppe supplémentaire pour ces infirmiers spécialisés, précisément pour corriger cette anomalie. Nous allons remédier au problème en introduisant un complément de spécialisation pour les infirmiers ayant une spécialisation agréée[1] en plus des 500 millions d'euros déjà prévus dans l'