Le gouvernement fédéral étend le projet EMUT à l’ensemble du pays

À l’avenir, des équipes mobiles de crise en soins de santé mentale assisteront, entre autres, les services de police et les services d’urgence de notre pays lorsque ceux-ci devront intervenir auprès de personnes souffrant de problèmes psychiques. Cette approche, menée avec succès à la Ville de Bruxelles, permettra une meilleure gestion et une meilleure coordination.

En novembre 2023, le ministre Vandenbroucke et le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close, ont lancé conjointement le projet pilote EMUT (Équipe Mobile d’Urgence – Urgentie Mobiel Team) à Bruxelles. Ce projet a permis à des professionnels des soins de santé mentale d’assister les policiers lorsqu’ils étaient confrontés à des personnes souffrant de troubles psychiques. Ces professionnels de la santé pouvaient alors décider, grâce leur expertise, de ce qu’il y avait lieu de faire avec la personne en question.

Le projet reposait sur trois ambitions :

  • Soutenir la police dans les situations de crise psychiatrique aiguë ;
  • Promouvoir la prise en charge au plus près de l’environnement de vie de la personne concernée ;
  • Éviter les admissions forcées (mesure d’observation protectrice) en privilégiant des alternatives humaines et adaptées.

Plus de deux ans plus tard, il est clair que ce projet pilote est une réussite. Entre janvier 2024 et décembre 2025, les équipes ont été appelées à 484 reprises par les services de police, soit en moyenne un appel par jour. Ces appels ont donné lieu à 324 interventions sur le terrain (plus de deux tiers des appels). Les interventions ont permis un accompagnement plus humain et mieux adapté, ont réduit le recours à la contrainte et ont facilité l’accès aux soins psychiatriques pour des personnes souvent éloignées des structures de soins existantes.

« EMUT est né d’un constat très concret posé par les agents de police eux-mêmes : ils sont en première ligne face à la détresse psychique, mais ils ne sont ni médecins ni psychologues. », rappelle Philippe Close, bourgmestre de la Ville de Bruxelles. « Nous avons choisi d’écouter cette réalité du terrain et d’y répondre autrement en construisant une approche préventive et humaine, plutôt que purement répressive. Le fait que cette expérience bruxelloise devienne aujourd’hui un modèle national est une reconnaissance forte de cette méthode intégrée, au service des personnes les plus vulnérables. »

C’est le ministre Vandenbroucke qui a décidé d’étendre ce projet pilote à l’ensemble du pays. « Nous voulons offrir les meilleurs soins possibles à tout moment. En étendant le projet pilote bruxellois à l’ensemble du pays, nous offrons une approche humaine, plus coordonnée et plus efficace des situations de crise psychiatrique. De cette manière, les personnes en situation de crise et leur entourage seront aidés par des professionnels formés à cet effet. Ce fonctionnement crée un pont entre la santé, la police et la justice et ce, au service des citoyens les plus vulnérables. », précise Frank Vandenbroucke, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique.

Par rapport au projet pilote bruxellois, quelques adaptations ont toutefois été apportées :

  • L’objectif est, d’une part, que les équipes mobiles soient disponibles plus longtemps (de 8 h à 23 h, 7 jours sur 7).
  • En plus de la police, les médecins généralistes et les services d’urgence pourront faire appel aux équipes.
  • L’objectif est d’avoir un seul numéro de téléphone central par réseau de soins.
  • Enfin, outre le dispatching et l’intervention, une possibilité d’observation clinique sera également ajoutée. Ce qui permettra d’assurer un suivi attentif des personnes à court terme. Le but est d’éviter les admissions inutiles aux urgences. 

Le ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, Bernard Quintin, souligne l'importance d'une approche intégrée entre la police et les services d'aide dans les situations de vulnérabilité : « Le nombre d'interventions policières auprès de personnes en détresse mentale a fortement augmenté ces dernières années. C'est pourquoi nous avons résolument opté pour une approche intégrée, avec des patrouilles sociales et une étroite collaboration entre la police et les services d'aide. Avec EMUT, nous réunissons des équipes mixtes sur le terrain afin d'éviter toute escalade. De cette manière, la police n'est plus seule face à des situations complexes et de grande vulnérabilité. EMUT ne remplace pas la police, mais la renforce.

Les réseaux SSM sont déjà en pleine phase de déploiement. Parmi les 21 réseaux, 13 ont déjà démarré, et à l’exception d’un seul, tous seront opérationnels au cours du premier semestre 2026.

Le gouvernement fédéral prévoit un financement de 26,8 millions d’euros pour ce déploiement.