Plan d’action pour un meilleur soutien aux aidants proches

Le ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, Frank Vandenbroucke, lance aujourd’hui, à l’occasion de la Journée des aidants proches, son plan d’action Aidants proches. Ce plan vise à faciliter la vie des aidants proches grâce à une simplification administrative et à un meilleur soutien. « Les aidants proches prennent soin de personnes vulnérables. Nous devons prendre soin d’eux », déclare le ministre Vandenbroucke. 

Les aidants proches jouent un rôle important dans notre société. La Belgique compte plus de 30 000 aidants proches reconnus, mais le nombre de personnes qui fournissent régulièrement des soins informels est bien plus élevé. Les aidants proches sont des gens ordinaires : partenaires, enfants, parents, voisins ou amis. Tous donnent le meilleur d’eux-mêmes pour prendre soin des autres. Et ils combinent ces tâches de soins avec un travail, des études, etc. 

Afin d’alléger la charge des aidants proches, le Conseil des ministres a demandé en février au ministre Vandenbroucke, en collaboration avec les ministres Beenders, Clarinval et Simonet, d’élaborer un plan d’action consacré aux soins de proximité. Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée des aidants proches, le ministre Vandenbroucke donne le coup d’envoi de son plan. Celui-ci se fonde sur des décisions prises par le parlement et le ministre Clarinval. 

Le plan d’action Aidants proches part des besoins de l’aidant, lui offre la reconnaissance qu’il mérite et veille à éliminer autant que possible les obstacles auxquels il est confronté. L’objectif du plan : permettre aux aidants proches de se concentrer sur les soins à donner, sans devoir se préoccuper des questions secondaires. 

« Les personnes qui s’occupent de proches ou d’amis vulnérables sont un maillon essentiel de la société solidaire dans laquelle nous vivons. Les aidants proches se donnent pour ceux qui ont besoin d’aide et nous devons leur en être reconnaissants », a déclaré le ministre Vandenbroucke. « Les aidants proches prennent soin des autres. Nous devons prendre soin d’eux. Ils le méritent amplement. Ce plan d’action doit éliminer les obstacles et fournir aux aidants proches le soutien dont ils ont besoin, afin qu’ils puissent se consacrer pleinement aux soins à leurs proches tout en gardant eux-mêmes la tête hors de l’eau. » 

Le plan d’action Aidants proches 

Le plan d’action Aidants proches repose sur quatre piliers et comprend toute une série de mesures visant à mieux soutenir les aidants proches. Nous en présentons quelques-unes ci-dessous. 

1. Simplification administrative 

  • La demande de reconnaissance en tant qu’aidant proche doit être la plus simple possible. Les aidants proches ne doivent pas être confrontés à des charges administratives inutiles, ils ont d’autres soucis en tête. Les formulaires de demande seront donc adaptés afin de lever toute ambiguïté, et nous étudions comment clarifier le fouillis d’échelles médicales mentionnées sur l’attestation. Enfin, nous examinons la possibilité de mettre en place, à terme, une procédure de demande numérique.
  • Renouvellement automatique de la reconnaissance avec droits sociaux : lorsqu’une « reconnaissance avec octroi de droits sociaux » est accordée à l’aidant proche d’une personne dépendante avec une affection permanente (par exemple les soins à un enfant handicapé), la reconnaissance comme aidant proche avec droits sociaux est automatiquement renouvelée. 

2. Transparence de l’information : un meilleur accès aux informations pertinentes à différents niveaux 

  • En raison de la répartition complexe des compétences, il est très difficile de savoir où obtenir quelles informations. Les aidants proches peuvent rapidement s’y perdre. C’est pourquoi nous voulons un point d’information accessible et centralisé où sont regroupées toutes les informations nécessaires et où l’aidant proche trouve immédiatement l’aide dont il a besoin.
  • Des études ont montré que les aidants proches souhaitent être informés des soutiens disponibles de manière proactive. Devoir rechercher eux-mêmes où se trouvent les informations nécessaires leur est pénible. C’est pourquoi nous veillons à ce qu’à l’avenir, dès leur reconnaissance en tant qu’aidants proches, ils soient immédiatement orientés vers les informations adaptées à leur situation spécifique (soins de proximité = travail sur mesure).
  • Accès aux données de santé nécessaires et partagées : nous examinons comment créer un cadre juridique pour que l’aidant proche, en tant que membre de l’équipe de soins à la personne dépendante, puisse accéder aux données de santé nécessaires et partagées. 

3. Assouplissement des congés et soutien ciblé 

  • Assouplissement des congés : le parlement a approuvé une proposition de loi permettant aux salariés de prendre, à partir du 1er juillet et en concertation avec leur employeur, un congé d’aidant proche par périodes d’au moins 1 semaine au lieu d’au moins 1 mois actuellement.   
  • Il existe une offre étendue d’aide psychologique de première ligne. Nous encourageons activement l’accès des aidants proches à cette aide. Une attention particulière est accordée à l’amélioration de l’information sur l’offre disponible pour les jeunes aidants proches, chez qui il a été démontré que la santé mentale et physique est moins bonne que celle des jeunes qui ne sont pas aidants proches. 

4. Reconnaissance et visibilité 

  • En cas d’hospitalisation également, les aidants proches souhaitent être davantage impliqués dans les soins prodigués à leur proche. Il existe des boîtes à outils destinées aux hôpitaux pour impliquer les aidants proches, mais elles ne sont pas encore suffisamment utilisées. Nous veillerons à ce que ces outils soient largement diffusés et à ce que les hôpitaux les mettent en œuvre pour mieux impliquer les aidants proches. Nous offrons ainsi aux hôpitaux les leviers nécessaires pour mettre en place, à leur propre rythme, des mesures visant à élargir l’accès (en dehors des heures de visite), à favoriser la participation aux consultations et à fournir des instructions pour les soins médicaux, faisant ainsi de l’aidant proche un partenaire à part entière dans le parcours de soins.
  • Nous intégrons la notion d’aidant proche (avec ou sans droit social – via une case à cocher) dans le dossier médical global afin que les médecins (généralistes) soient informés du fait qu’une personne est aidant proche, puissent se renseigner activement à ce sujet et, si nécessaire, orienter vers les institutions compétentes. Des études ont montré que le médecin généraliste joue un rôle central dans la transmission d’informations. 

Enfin, le ministre Vandenbroucke s’engage à continuer de suivre la situation des aidants proches. Une étude du KCE est en cours sur les besoins de santé non satisfaits des aidants proches. Cette étude sera livrée au printemps 2027. Nous suivrons de près ses résultats et adapterons la politique si nécessaire. 

Enfin, nous sommes conscients que la politique en matière d’aidants proches se situe à différents niveaux. C’est pourquoi nous misons sur la coordination avec les entités fédérées. Une amélioration de la situation des aidants proches n’est possible que si chaque ministre compétent et chaque entité fédérée s’engage à y contribuer. Ce plan d’action comprend donc également des mesures qui nécessitent une mise en œuvre conjointe.