La CRM rend un avis défavorable sur Leqembi, le ministre Vandenbroucke suit cet avis
La maladie d'Alzheimer est une maladie très complexe, qui engendre énormément d'incertitude et d'angoisse. On attend depuis longtemps un traitement capable de stopper la maladie. La Commission de remboursement des médicaments (CRM) de l’INAMI estime que le traitement Leqembi est trop peu efficace et a rendu récemment un avis défavorable sur un éventuel remboursement à Frank Vandenbroucke, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique. Le ministre Vandenbroucke suivra cet avis. « Il est angoissant de vivre avec un diagnostic d’Alzheimer. La question essentielle est de savoir quelle qualité de vie un patient doit sacrifier pour un ralentissement si minime que l’on peut se demander s’il est même perceptible. »
Des résultats quasi inexistants et des risques supplémentaires
La CRM a rendu un avis négatif parce que le traitement n’a pas tenu ses promesses. Son effet sur le déclin cognitif et fonctionnel s’avère trop peu convaincant. Le ralentissement serait à peine perceptible pour le patient ou son entourage (en termes cliniques, il s’agit d’une fraction de point sur une échelle de zéro à dix-huit). Il n’existe pas non plus de données sur les effets à long terme et la mortalité. De plus, le traitement augmente le risque d’ARIA (accumulation de liquide dans le cerveau) et d’hémorragies cérébrales. Une partie des patients présente donc un œdème ou des hémorragies cérébrales. Dans de rares cas, ces situations peuvent être graves, voire mettre la vie en danger.
La vie quotidienne est complètement bouleversée
Par contre, le fardeau thérapeutique est lourd et ne peut être négligé. Il faut subir au préalable une ponction lombaire ou un PET-scan, ainsi qu’un test génétique. Si vous êtes éligible à ce traitement, vous devez vous rendre à l’hôpital toutes les deux semaines pour une perfusion, suivie d’une observation. Vous devez également passer des IRM à plusieurs reprises – au moins trois pendant le suivi, en plus de l’IRM au moment du diagnostic – et des examens supplémentaires dès qu’une anomalie apparaît. Par ailleurs, il faut passer des tests cognitifs tous les six mois. Et tout au long du traitement, il faut rester vigilant quant aux effets secondaires dans le cerveau. L’impact sur le quotidien du patient est très lourd pendant une longue période, alors que les symptômes ne changent pratiquement pas.
Enfin, les gains incertains pour la santé et le lourd fardeau thérapeutique ont un coût très élevé : 25 862 euros par patient et par an rien que pour le médicament, sans compter les soins supplémentaires. La CRM ne prend pas sa décision seule. Le Royaume-Uni, la France et les Pays-Bas en sont arrivés à la même conclusion et ne remboursent pas non plus ce médicament.
« Nous comprenons le désespoir des personnes diagnostiquées et de leur entourage. Tout le monde espère une avancée thérapeutique dans le traitement de la maladie d'Alzheimer. La question essentielle est de savoir quelle qualité de vie un patient doit sacrifier pour un ralentissement si minime que l’on peut se demander s’il est même perceptible. Heureusement, la recherche sur la maladie d'Alzheimer se poursuit. En collaboration avec la Flandre, nous travaillons par ailleurs à la mise en place d'un programme de soins intégrés qui sera axé sur la démence. »